Gonal Fulfulde ndeer gannde kese

Fulfulde e gannde kese, ko tiitoonde winndannde nde wiɗtooɓe ɗiɗo (2) misranaaɓe hawtiti winndi, ɓen ngoni : Dr. Aadel Usmaan Imam Ayat, jannginoowo ɗemɗe afrik, to Duɗal Ɗemɗe e Eggo (faculté de Jokkito »

Ciimtol FPU & FPUNA nder Washington: 7, 8 & 9 lewru Morso (July), 2017

Taariika Fulɓe Progressive Union (FPU) ko mojobere daraniinde fiyaakuuji renndo e pinal. Ko e hitaande 1966 nde sincaa e nder Sarlon. Innde mayre aranere nden fewndo nde sincaa ko Fullah Youth Organization Jokkito »

Nafitorgol karallaaji kesi fii jannugol Fulfulde

 Gila internet layi, humindiri jamaaji ɗin, wontuno laawol lumbinirngol miijooji e eɓɓooje, maandinirngol jannde e gannde. Ko e ngol laawol kadi yimɓe ɓen waɗti daɗndirde ngaddamaakuuji maɓɓe e finaa-tawaaji maɓɓe, seɓitoriiɗi mulugol. Jokkito »

Miijo: Yahugol njananiri fii ɗaɓɓere e nguu jamaanu hannde!

Fulɓe wi’i: « Mo haylaaki o haylay hoore ». Ndee tiitoonde yahugol njananiri fii ɗaɓɓere e nguu jamaanu hannde no hitti fota fota, teeŋtinii wonande sukaaɓe wontirɓe hiirnaange Afrika (west Africa), sabu yaltugol fii Jokkito »

Fulɓe e Luumol nder Najeeriya

Joomirawo waddii jamanu ko halli to Fulɓe Najeeriya: Na’i amen keeñi. Iyaalu ɗuuɗi. Ko ɗuuɗi nder sukaaɓe amen accii durngol ngam na’i keppaama – ɓe ngalaa ilmu, ɓe ngalaa sanaa’a, faa woɓɓe Jokkito »

 

Colloque international de Ouagadougou | « La promotion des droits humains en Afrique à partir de la situation des pasteurs nomades »

 

« Nations Transfrontalières et Responsabilité de Protéger » par Dougoukolo Alpha Oumar Konaré, Psychologue Clinicien / Clinical Psychologist, Doctorant / PhD Student

Résumé :

Le peuple Peul représente une nation du fait de la conscience commune de ses différentes communautés qu’elles appartiennent à un même ensemble culturel partageant une histoire commune. Le nomadisme a défini l’histoire contemporaine de la nation peule, de telle sorte que l’on retrouve des Peuls dans près d’une vingtaine de pays africains, de maniere ancienne, qu’ils soient pasteurs ou non. La nation Peule est réellement transfrontalière, et se joue des délimitations géographiques à visée administrative du monde moderne.
Le lien de parenté, et l’empathie naturelle entre Peuls reste de rigueur. Du fait des tensions répétées entre communautés nomades et sédentaires, entre communautés peules diverses et entités administratives, ou dans l’endogroupe peul lui-même, il apparait que la lutte solidaire est une modalité essentielle des combats des individus, pour leur survie.

La psychologie clinique se place au chevet des individus, et de leur vérité, pour tenter de les soulager, de comprendre leurs tourments. Des entretiens avec des Peuls de tous horizons ont pointé l’existence de ce que l’on appelle l’héritage transgénérationnel, un legs psychique, Inconscient, transmis de génération en génération. L’unité identitaire du monde peul en tant que nation repose en partie sur cela.

Partant du modèle de la nation Peul, il est possible d’établir des parallèles avec diverses communautés nomades africaines se retrouvant dans des situations d’hostilité. Très récemment, certains Touaregs maliens se sont lancés dans une rébellion contre l’État central malien. Durant cette grande rébellion aux conséquences tragiques, des communautés touarègues des pays frontaliers ont été amenées à jouer un rôle d’aide, ou de médiateurs, afin de protéger leurs parents Touaregs, et de contenir les hostilités.
En abordant les préoccupations des communautés nomades il faut être capable de reconnaître l’unité de groupes humains, leur Droit et leur responsabilité de penser à ceux qu’ils envisagent comme les leurs, et envisager des outils sociaux et légaux permettant aux nations d’agir au niveau international, en évitant les tentations belliqueuses. Pour cela, il faudra militer activement pour que les États africains reconnaissent la place des minorités, et autorisent, à travers l’intégration africaine, les peuples à gérer leurs différents, à vivre leur identité, sans que le système étatique ne se sente menacé.

 

 
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Photo: Dian DIALLO

Des institutions comme Tabital Pulaaku peuvent se faire outils, pour proposer des solutions permettant aux nations transfrontalières de mettre en place des cadres de réflexion, fournir des solutions juridiques, mener du lobbying, renforcer les communautés locales dans chaque région, pour que les citoyens puissent se faire entendre des États.
En cela, la responsabilité de protéger se traduit par une vigilance internationale pour renforcer des parents en situation de faiblesse, d’une nation revendiquant un respect du.

Mots clés : Nation, nationalisme, Peuls, intégration africaine, transgénérationnel.

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La problématique principale qui va guider cette communication est la suivante :
Le Droit des peuples à être protégés doit-il nécessairement être vu sous le prisme national, et ce d’autant plus lorsque ces peuples ne disposent pas d’une continuité géographique délimitée?

Tout d’abord, il faut déterminer ce qu’est une nation.
Dans le Droit international, un État est une entité avec un espace géographique déterminé, une population permanente, sous le contrôle de son propre gouvernement, et nouant des relations diplomatiques formelles avec d’autres entités similaires.
Dans le cadre des peuls, rien de tout cela n’est tout à fait vrai, ni possible, et peut-être pas pertinent d’ailleurs.

Une nation est un groupe humain partageant une histoire et une identité, et en ayant conscience. Cette notion de conscience partagée est primordiale. Il s’agit, quand on parle de Peuls, d’un peuple, et non pas juste d’une population vague.
Les nations sont des ensembles mentaux, émotionnels, spirituels, je dirais, et elles ne partagent pas généralement les attributs des États : l’existence juridique, la reconnaissance internationale.
En Afrique, des peuples sont souvent des nations, et, en réalité, l’État ne se superpose pas à la nation. C’est un leurre de vouloir créer de force des États-Nations, basés sur les concepts occidentaux de l’importance de cela, après des siècles de remodelage, pour se défendre et s’affirmer. Un constat est là, il faut faire avec, plutôt que de meurtrir, d’opposer, d’aliéner. Les exemples sont divers dans le monde, des tentatives de soumettre des peuples et leurs enfants. De l’Australie à l’Afrique du sud, ou le Sahara Occidental. Ce n’est pas toujours une question de majorité versus minorité, mais aussi de Consicence Étatique versus des groupes humains conscients.

Il semblerait que les États africains aient pour vocation de devenir des États- Nations. Les États modernes ont gardé l’appareil administratif, le contenant, pour le même contenu. Or, ce contenant n’a jamais été adéquat pour le contenu, durant la colonisation. Il faudrait repenser avec souplesse cette notion d’États-Nations, également. Les entités territoriales coloniales avaient pour vocation de contenir effectivement les êtres humains, et de servir entièrement l’appareil colonial. Il ne s’agissait pas des personnes, mais de la métropole et de ses citoyens. Serait-il alors juste et exact de se cantonner aux mêmes fonctionnements ? Les peuples ont soif de liberté, les nomades ont soif de voyage, allant là où la vie peut leur sourire au mieux. Les États modernes, même s’ils n’empêchent pas cela, doivent l’encourager d’avantage. Non par complaisance ciblée ou favoritisme, mais bien pour garder les valeurs princinpses des indépendances : le droit à l’altérité, à disposer de soi. S’il faut être ensemble, c’est qu’il y a un ensemble, constitué de nombreux éléments, et non une fondue terne et peu mature.

Chez les Peuls, en Afrique, il semblerait que l’on puisse parler d’une Nation sans État- pas que cela soit un problème en soi. Les Peuls, dont la population est difficilement estimable (entre 30 à 65 millions selon les références, les interlocuteurs, les critères retenus), parlent une même langue, s’identifient entre eux comme étant parents, plus ou moins proches, et se savent un passé commun, à défaut de toujours s’imaginer des futurs semblables. Il existe donc, malgré les teintes, un ensemble humain peul.

Mes propres recherches, en tant que psychologue clinicien, dans la recherche, ont laissé entrevoir l’existence d’un noyau commun, très émouvant, chefs des populations peules du Mali, de la Guinée, du Sénégal, de la Mauritanie. J’ai senti chez les participants à mes recherches, comme une mélancolie ancienne, imbriquée dans une nécessité presque vitale d’appartenir à un groupe peule unitaire, malgré les distances, les peines de l’exil, la stigmatisation sociale. Au delà des discours anthropologiques, et plus près du ressenti de chacun, la différence était célébrée, et revendiquée, car elle permettait la durabilité, sur les routes du monde, dans la séparation. Que ce soit le corps peul, si souvent chanté, la posture fière, la langue chantonnante, tout cela venait nourrir la fierté à être peul, et la condamnation à être peul, malgré tout. De manière, là, inconsciente, par le transgénérationnel, le sentiment identitaire ne pouvait être dompté par des lois, ou des grands discours.
L’ensemble peul n’est absolument majoritaire dans aucun État central moderne, il n’y a pas d’exécutif servant les intérêts des peuls, et il n’y a pas de territoire dont la souveraineté est revendiquée par les peuls à un niveau audible.

Curieux paradoxe d’un peuple avec de tels nombres, une telle visibilité.
Pas un problème en soi, une fois de plus.

L’intention ici n’est nullement de penser à l’existence d’États peuls dans des États modernes africains déjà existants, ou de penser à des manières d’imposer cela..
Garde. Les sentiers de l’enfer sont pavés de bons sentiments. Le « Droit de Protéger », a produit des écueils horribles, voilà pourquoi il faut toujours prôner la non-violence, tenter les médiations, négociations, avec les Institutions républicaines, le renforcement des capacités des minorités, et la coopération entre les peuples, pour ne pas s’isoler et se réunir sur des identitarismes, mais plutôt des valeurs, et que les masses bénéficient de tous ces efforts, et non une minorité, au détriment de majorités frustrées, dans une logique abusive de « Justice Sans Frontière » (Kemp), sans considérations pour toutes les parties présentes, et les voix dissonantes.

Là où la problématique de cette communication devient délicate à aborder, c’est lorsqu’il s’agit de penser à la défense des populations peules.
Les États ont la responsabilité de protéger leurs sujets. Il faut donc croire, et avoir foi en la bienveillance et la compétence des États à cibler les difficultés de toutes les minorités et à y répondre de manière satisfaisante…Les prochains intervenants sauront dire mieux que moi si cela arrive comme il faut, dans la réalité.
Uns des difficultés majeurs des pays africains est la capacité de garantir la sécurité et de représenter légitimement les populations, en même temps, sans faire le jeu des soulèvements et irrédentistes, dans une responsabilité de protéger, extension de la souveraineté. La souveraineté n’est pas qu’une question de contrôle, mais aussi une question de responsabilité.

Les derniers mois ont montré, que ce soit dans les exodes des bergers en RCA, les transhumances perturbées par le changement climatique dans tout le Sahel, ou la reviviscentes d’anciennes rivalités avec des sédentaires ou d’autres nomades lors de la destruction de la souveraineté des États, que les peuls nomades étaient volontiers vulnérables, malgré la souveraineté de leurs États d’appartenance…

Les interventions qui me suivront sauront nous édifier sur les spécificités de chaque pays. Cependant, s’il faut reconnaître des similarités à un ensemble peul, et aux communautés nomades, tout simplement, il faut surtout proposer des schémas pour les aborder.

Pour entrevoir des solutions, j’emprunte ici, par exemple, la notion de Responsabilité de Protéger (R2P/ Responsibility to Protect), au Droit international et mise en avant à l’assemblée générale des Nations Unies, en 2005, afin de mettre fin aux génocides, nettoyages ethniques, crimes de guerres, crimes contre l’Humanité. Dans cette notion, si un État s’avère incapable d’assurer la sécurité de ses ressortissants, c’est à la communauté internationale de mettre en place des manières d’agir. Des États individuels, ou même coalisés, hors des institutions internationalement compétentes, ne peuvent juridiquement s’impliquer. La souveraineté est alors vue sous le prisme de la responsabilité.
Ce sera donc toujours, de manière ultime, à la communauté internationale de réagir, au cas où des difficultés ne peuvent être gérées localement, par les institutions et recours étatiques à la disposition des minorités. Mais pour autant, faut-il que la communauté internationale soit alertée comme il se doit, et que des relevés des manquements des États soient disponibles. Cela demande des efforts en amont, dans la vigilance et la veille auprès des populations fragilisées. Pour cela, il faut avoir identifié ces populations, et leur avoir donné la parole. Dans ces efforts-là, il faudrait, non pas se placer dans l’anticipation du pire, mais partir des possibilités de contact avec les populations, pour prévenir des situations de faiblesse. Là, il s’agit de s’organiser pour disposer des institutions des États et de la communauté internationale, dans une préoccupation perpétuelle, autant que possible.

Il y’a une nécessité de s’intéresser aux nations face aux États, ou à d’autres peuples.
Malgré leur grand nombre, il n’y a pas d’Etat-parent, ou parrain, pour les Peuls, dont ils pourraient se réclamer et qui défendrait leurs intérêts au niveau international. Un État ne peut donc pas se faire porte-parole des Peuls. L’Histoire des Peuls, et leur situation, veulent cela. Il faut proposer des structures pour porter la parole des Peuls, sans complexes, dans une responsabilité de chaque individu, pour protéger, en abordant les institutions et les États.
L’une des difficultés, pour les Peuls, est que des approches bilatérales sont compliquées par la présence de très nombreuses entités dont relèvent les populations nomades.
Le défi se situe réellement dans la capacité d’avoir une attention transfrontalière, et de devoir à chaque fois composer avec des interlocuteurs différents. Cela invoque d’autant plus la nécessité de créer une culture de travail basée sur des valeurs cardinales, et des discours universels concernant toutes les communautés nomades, une charte même, pour aligner les positionnements dans chaque situation. Ainsi, il y aurait un guideline à partir duquel mener des opérations de plaidoyer, et renforcer les communautés.

La R2P ne doit pas commencer une fois les difficultés en action, comme au Mali en 2013, ou au Bénin, la même année. Les tensions sont déjà trop importantes, et les identitarismes se braquent. Il aurait fallu réfléchir en amont, à des modes d’action dans la transparence, à travers l’action politique, notamment.
Après, des traumatismes, des deuils, sont déjà là, et des ressources massives doivent être dépensées pour souvent revenir à un statu quo.

En Afrique, les États se voulant nations et, façonnés d’entités identitaires monolithiques, sont inexistants. Donc, la question à poser est plus celle de l’assimilation à des modèles réduisant l’identité et les modes d’acquisition de ressources chez certaines communautés. En Mauritanie, se posera la question de l’Etat arabe face aux voisins, pour les populations arabes, par exemple. En Guinée, survit la problématique du nationalisme épurant les revendications des anciens pouvoirs pré-coloniaux.

Il faut un effort important pour modifier les Etats, pour les ameliorer pour soi, et non les détruire. Il s’agit pour nous tous de penser à des modes d’action pour protéger des populations qui peinent à se faire entendre, et qui sont restées très proches de leurs modes de vie anciens, souvent, dans une impossibilité atavique, consciente, de se détacher d’un mode de vie auquel l’âme elle-même est attachée. Le monde n’a pas de frontières, et pourtant, les barrières sont partout, et émiettent la liberté difficilement négociable.
Comme compromis avec les États modernes, peut-être faudrait-il penser par exemple la création de provinces culturelles, cumulées par les États sur leurs provinces actuelles, et permettant à la nation Peul de perdurer.
Dans le Fuuta Tooro, et dans l’Adamawa, tous deux transfrontaliers, mettre en place des instances exécutives, par la décentralisation et l’intégration africaine, en parallèles- non pour la pérennité du communautarisme, mais pour apporter une attention à des populations partageant la même langue, et voulant se placer sous leur bienveillance- est une possibilité. Il s’agirait alors d’assurer aux peuples des cadres de défense de référence moins menaçants que des États centraux coupables de manquements passés.
L’un des plus grands défis pour le nationalisme peul est de perdurer dans la recherche d’actions et solutions politiques, toujours dans la bienveillance, sans revendication territoriales.
J’ai dit plus tot dans cette présentation que le bilatéralisme entre États était difficile pour le cas des Peuls, cependant, pour être plus nuancé, il faut reconnaître que la volonté politique, et des populations nomades similaires peuvent encourager cela. Par exemple, quid d’une coopération entre les États du nord Nigeria et le Cameroun, pour faciliter des corridors entre ces deux pays, dans une relation contrôlée, et pour offrir un espace réglementé pour les transhumants? A minima, on peut voir des pistes coopération bilatérales basées sur des grands axes de nomadisme.

Il existe de nombreuses structures internationales permettant d’appuyer au mieux les communautés vulnérables, au delà même de l’Afrique. Dans l’intérêt des nomades Peuls, il est nécessaire de penser la coopération entre États, en appuyant des politiques locales, mais aussi d’alléger les structures étatiques en leur proposant des relais internationaux.
Il ne faut pas, il me semble, aborder l’international comme une tour de guet, mais plutôt comme un fabuleux moyen de se procurer des outils de réflexion, de comparaison, et une tribune pour plaider les causes justes. L’international peut fournir aussi des aides pour renforcer les compétences légales dans communautés en situation de risque, mettre en place des cellules de vigilance et de dénonciation, activer des lobbys pour défendre des causes et des valeurs.

Pour ce dernier point, tout serait à gagner en rejoignant, ou en créant des réseaux avec d’autres peuples, sur des difficultés communes. Ainsi, défendre les communautés déshéritées du cercle de Goundam, ou se battre pour la représentativité des communautés nomades aux parlements maliens ou nigériens, sont des pas destigmatisant des communautés particulières. Cela offrirait aussi une base de départ pour inspirer d’autres communautés.

Il faut penser au niveau international, et pour le niveau panafricain.

L’exemple des Roma, ou Tsiganes, en Europe, a montré qu’il faut demander les mêmes Droits pour toutes les minorités, afin de ne pas stigmatiser de groupes particuliers. Il s’agit de reconnaître les défis auxquels chacun fait face, de prévoir des appareils permettant des réponses au cas par cas, mais de laisser les minorités choisir chacune les modalités de représentation.

Au Mali, les populations sont traumatisées par l’identitarisme et son spectre. Je prends exemple sur le Mali car c’est le pays que je connais le mieux. La question dite touarègue me semble grandement occultée par l’attachement à l’idée d’Etat-nation, ou à la confrontation de chiffres sur les proportions démographiques du Mali et de ses régions nord. Il ne s’agit pas, pourtant, dans un esprit de paix, de nier quoi que ce soit à certains, pour privilégier d’autres. Il faudrait sortir de logiques binaires, et réfléchir à des issues par lesquelles chaque groupe peut affirmer, dans un cadre politique sein et non-violent, garanti par l’Etat, des velléités identitaires, tant qu’elles ne menacent pas les frontières étatiques.
La crise de 2012, il me semble, à surtout révélé qu’il n’y avait pas d’actions politiques de la part des minorités ethniques aux Mali, pour ce qui est des causes liées directement à leur identité et mode de vie, et de manière pacifique. Souvent, cela était du à des pressions étatiques, d’autres fois, à la mauvaise organisation des groupes de voix des minorités, telles que leurs membres étaient peu informés des possibilité institutionnelles pour eux, ou alors, ceux-ci voyaient leurs préoccupations occultées par des agendas peu réalistes, comme des luttes armées. Il est donc nécessaire de renforcer les défenses des communautés en faisant l’effort nécessaire d’introduire à à démocratie et en la puissance qu’elle peut réellement conférer, lorsque embrasée pleinement. Ce n’est pas une tâche qui est la prérogative des États, mais bien une mission de tous pour que les communautés en souffrance puissent revendiquer leur dû. Les actions de Tabital Pulaaku, et des individus de la nation peule, peuvent ainsi être dans le sens de cette éducation là.

Dans les aides possibles, en plus des organisations politiques internationales, divers centres de recherches et ONG peuvent aider dans un premier temps, si Tabital Pulaaku, par exemple, décide de mettre en place des plateformes pour militer activement pour l’aide aux communautés brimées.
Mais pour cela il faudrait alors aborder toutes ces organisations individuellement, avec des demandes réalistes de partenariats, des contacts sur le terrain, et peut-être commencer en se proposant de les appuyer sur des cas ponctuels, comme l’éducation civique pour les populations nomades.

Également, il faudrait penser des modèles de renforcement des compétences de communautés pour leur donner une importance économique en accord avec leurs traditions, de manière éthique.
J’ai lu récemment que les Massaïs souhaitent faire de leur nom une marque déposée. Cela est un moyen intéressant de protéger d’une part l’image d’un peuple, et de pouvoir agir avec la Justice face à ce qu’il considère intimement comme une atteinte. De même, cela peut leur permettre d’établir des accords financiers, tout en valorisant et promouvant leur culture.D’autres communautés dites indigènes, de par la monde, offrent des exemples dont les Peuls, comme d’autres nomades ont beaucoup à gagner. Il s’agit de voir ce qui se fait ailleurs, de glâner par le nomadisme, la curiosité, l’instinct de survie, ce que fait autrui. Hors des sentiers du Sahel, dans le monde moderne : le monde entier est un sentier de transhumance où préparer la survivance.
Aux US, les nations indiennes, notamment les nations Navajo, ou Cherokee, sont très actives pour la défense de leur image, de leurs terres, de leurs Droits. Mais, cela, c’est parce qu’elles sont reconnues par l’État central, et ont une autorité parlant en leur nom, mais subordonnée aux instances de la fédération. Ce fonctionnement qu’ils ont donne la possibilité de gérer ensemble des privilèges durement gagnés, et constituer des lobbys pour défendre leurs causes, comme l’accès aux terres, la possession de l’image, et la conservation d’une culture fière, nourricière, et résolument thérapeutique.

Penser des solutions pour la pérennité économique des minorités, basées justement sur leurs stigmatiques présentés alors en force, peut-être une piste à explorer. De là, en plus de lobbying, et pour appuyer la rechercher ardue et effrénée de financement, il serait possible d’apporter aux communautés les moyens pour subvenir à leurs besoins.

Mais, rien de tout cela, sans prise de conscience de masse des communautés concernées, et sans leadership pour mener le travail de sensibilisation et de pédagogie.
Charge aux organisations internationales des Peuls de prendre les devants de luttes pour leurs parents, avec toutes les possibilités qu’offrent ce monde moderne, si cruel, mais si riche.

Tabital Pulaaku a des missions, et des possibilités : à nous tous de faire les choix que nous estimerons pertinents, pour déterminer nous mêmes comment disposer de nous-mêmes.

Je vous remercie

 

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Dougoukolo Alpha Oumar Konaré
Psychologue Clinicien / Clinical Psychologist
Doctorant / PhD Student
Université Paris Descartes (France)
Ecole Doctorale 261/3CH
Laboratoire Psychologie Clinique et Psychopathologie
+336.23.28.34.03

Rokku miijo (coment)

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